Postfinance pourrait disparaître en cas d’acceptation de l’initiative « monnaie pleine ». C’est l’un des arguments des opposants, dont notamment l’ancien président de la Banque nationale suisse Jean-Pierre Roth, explique la radio. L’initiative « monnaie pleine » veut que seule la Banque nationale puisse créer de la monnaie, y compris électronique. Autrement dit, les banques ne pourraient plus utiliser l’argent déposé par les clients pour le réinvestir ou octroyer des crédits. Les partisans de l’initiative se défendent d’une quelconque mise en danger de Postfinance.

« Aujourd’hui, explique Romain Bardet, Postfinance place l’argent déposé par ses clients. Cela lui permet de dégager près de la moitié de ses revenus. « Monnaie pleine » veut empêcher cette réutilisation, cette création monétaire. Pour autant, pas de quoi signer l’arrêt de mort de l’établissement, selon Jean-Marc Heim, coordinateur romand de l’initiative, car cet argent dont Postfinance ne pourra plus disposer sera remplacé par un prêt sans intérêt de la BNS : « Elle va rembourser cet emprunt petit à petit sur une très longue durée. Entretemps, elle aura eu le temps de développer d’autres sources de financement. Toutes les institutions de financement comme les banques d’investissement qui ne peuvent pas faire de la création monétaire font néanmoins des bénéfices. Elles existent et ne sont pas toutes en faillite parce qu’elles ne peuvent pas créer de monnaie », assure-t-il. Autrement dit, reprend le journaliste, Postfinance pourrait diversifier ses activités, dès lors que toutes les banques seraient mises sur un pied d’égalité.

Un argument que conteste l’économiste et conseiller national socialiste Samuel Bendahan. Pour lui, au final, c’est le client qui devrait casquer : «La Poste pourrait décider de se diversifier, mais elle devrait se lancer dans un métier complètement nouveau, en se lançant, par exemple, sur le marché de la gestion de fortune comme Pictet, Rothschild, UBS… Le problème, c’est que ce marché est déjà plein, avec beaucoup de banques déjà spécialisés dans cette activité. Et donc La Poste devra trouver une source de financement. Et la seule qui existe consistera à se retourner vers les clients qui ont déposé de l’argent chez elle et de commencer à tout facturer, de manière à récupérer les 700 millions de francs que l’initiative lui ferait perdre».

RTS La Première, Journal de 8 heures du 22 mai 2018 , Journal de 8 heures, peu avant la 3e minute
VS / 23.05.2018

Pas de commentaire